L’avenir en germe sur les friches industrielles

L’avenir en germe sur les friches industrielles

La longue histoire industrielle du val de Loire nivernais a laissé en héritage une constellation d’usines en friche. Un patrimoine bâti qui recèle des promesses de nouvelle vie pour Territoire d’industrie Nevers Val de Loire. Parmi huit sites considérés comme à haut potentiel de reconversion, trois (1) ont vu leurs perspectives confortées par des études pré-opérationnelles récemment présentées au comité de pilotage.

Dès ses premières réunions de travail, le Territoire d’industrie Nevers Val de Loire a placé la résurrection des friches industrielles au cœur de ses préoccupations. Le gisement de possibilités qu’offre ce vaste patrimoine bâti mobilise un groupe de travail d’industriels, élus et techniciens qui a sélectionné huit sites : Usine Céramique à Decize, silo à La Charité-sur-Loire, Vallourec Gare à Cosne-sur-Loire, Top Sedia et Iveco à Fourchambault, Selni à Nevers, Lambiotte à Prémery et Arsenal de la Royale à Guérigny.

Les trois premiers sont les plus avancés dans une démarche de reconversion, portée par des acteurs publics ou privés. Ils ont bénéficié, à ce titre, d’études pré-opérationnelles menées par le cabinet Egis Conseil, qui s’est également penché sur l’avenir des autres sites. Les conclusions ont été communiquées au comité de pilotage lors d’un séminaire organisé au port de la Jonction, à Decize, le 10 décembre.

Usine Céramique - Decize

Usine Céramique, Decize. Vacant depuis 30 ans, le site marque l’entrée de ville, à l’est (côté routes de Bourbon-Lancy et Cercy-la-Tour), à proximité de la zone d’activités du Four-à-Chaux. Selon le scénario d’Egis Conseil, les bâtiments les plus dégradés seront démolis, mais l’essentiel sera préservé, dépollué et réhabilité pour héberger des services de la Communauté de communes du Sud-Nivernais (CCSN) et des artisans dans des ateliers de 150 à 450 m2. Le coût de cette opération est évalué à 2,6 M€ HT ; porteuse du projet, la CCSN pourrait bénéficier de subventions de l’Etat (Fonds friches, 650 000 € ; DETR, 500 000 €) et de la Région (979 000 €).

Silo, La Charité-sur-Loire. L’imposant édifice construit après la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre du plan Marshall, est labellisé Patrimoine du XXe siècle. L’activité y a pris fin en 1985. La singularité architecturale du plus haut bâtiment charitois a séduit des investisseurs privés, un collectif de sept agriculteurs qui veulent créer une brasserie, un restaurant panoramique et bien d’autres activités dans cette « cathédrale » de béton voisine de la gare. Selon les scénarios, le coût varié de 2,7 à 3 M€, là encore avec de possibles subsides de l’Etat et de la Région. Cette opération s’inscrirait dans un projet plus ample de requalification du quartier de la gare.

Vallourec-Gare, Cosne-sur-Loire. Proche du centre-ville, cette friche pourrait revivre avec la réhabilitation de la grande halle, qui conserverait une vocation industrielle, et la construction de trois ou quatre ateliers, voire la création de logements pour favoriser l’insertion de ce vaste pan industriel dans le quartier. Le coût est évalué autour de 3 M€.

Usine Céramique - Decize

Le point sur les cinq autres friches

Top Sedia, Fourchambault. Une entreprise de l’agglomération neversoise est intéressée par un déménagement sur ce site dans lequel étaient fabriqués des sièges de bureau. Une étude de faisabilité a été confiée à Nièvre Aménagement, et financée par Nevers Agglomération, le Conseil régional et la Banque des territoires. L’investissement (réhabilitation et extension) est estimé à 9 M€.

Iveco, Fourchambault. Le site intéresse Fiat Powertrain, dont l’usine voisine a été en grande partie détruite par un incendie cette année. Des négociations sont en cours, sous l’égide de Nevers Agglomération, propriétaire du site.

Selni, Nevers. Le site est en cours de sécurisation. Aucun projet de reconversion n’émerge pour l’instant.

Lambiotte, Prémery. Préalables à toute reconversion, des travaux de dépollution sont prévus en 2023 ; ils sont menés par l’Ademe.

Arsenal de la Royale, Guérigny. Des travaux de requalification des voiries et réseaux sont prévus en 2022, mais aucun projet de revalorisation du bâti ne se dessine à l’horizon.

1. Usine Céramique à Decize, silo à La Charité-sur-Loire, usine Vallourec à Cosne-sur-Loire.

La Semaine de l’industrie 2021 : inventer un avenir durable !

La Semaine de l’industrie 2021 : inventer un avenir durable !

L’industrie en  quelques chiffres…

en 2021

  • 70 000 emplois non pourvus
  • 250 000 postes à pourvoir
  • le nombre de femmes cadres et ingénieures a triplé en 20 ans

Du 22 au 28 novembre 2021, les entreprises industrielles, les écoles et les centres de formation ouvriront leurs portes pour faire découvrir leurs métiers ! À la recherche d’informations sur les formations, envie de découvrir votre futur métier ou de rencontrer les acteurs de ce secteur résolument tourné vers l’avenir ?

 

Rendez-vous du 22 au 28 novembre 2021, partout en France !
Tchats, visites virtuelles, portes ouvertes, forums des métiers, web-conférences, interventions en classe, job dating… Pour retrouver tous les événements près de chez vous : semaine-industrie.gouv.fr 

« Inventer un avenir durable » : une Semaine de l’industrie pour mettre en lumière les solutions apportées par les acteurs de l’industrie aux grands enjeux sociétaux.
Le thème de cette 10e édition met en lumière la transition écologique, l’économie circulaire et la mixité des métiers dans l’industrie. « Inventer un avenir durable », c’est aussi valoriser les solutions des acteurs de l’industrie pour répondre aux préoccupations de la société, et notamment des jeunes (innovation, transition écologique, mixité des métiers, égalité femmes-hommes, économie circulaire …), et aux enjeux de production et d’indépendance et de souveraineté nationale.

Depuis 10 ans, la Semaine de l’industrie suscite des vocations en montrant que l’industrie offre des carrières passionnantes, stables, formatrices, et en moyenne mieux rémunérées que dans les autres secteurs.

Stop aux préjugés !

L’industrie, c’est des métiers pour tous les niveaux !

Travailler en équipe avec des professionnels de tous niveaux et tous horizons, c’est ça, le quotidien de François !

L’industrie, c’est pas toujours travailler à l’usine !

Travailler dans l’industrie, ça peut être sportif… La preuve avec Valentin, chez EDF.

L’industrie, c’est aussi pour les filles !

Être une femme et faire carrière dans le secteur industriel, c’est tout à fait possible ! La preuve avec Aurélie, à La Normandise.

L’industrie, c’est valoriser nos déchets !

Travailler dans l’industrie et être engagé pour l’environnement, c’est loin d’être incompatible ! La preuve avec François, de La Normandise.

L’industrie, c’est bien fait pour toi !

70 000 emplois non pourvus, 250 000 postes à pourvoir cette année : l’industrie recrute ! La preuve avec Valentin, chez EDF !

L’industrie, c’est bien payé !

Démarrer sa carrière très jeune et profiter des formations pour la faire décoller : ça fait partie des belles opportunités qu’offre l’industrie. La preuve avec Valentin, chez EDF !

Et toi, c’est quoi ton parcours ?

Maxime, technicien de synthèse

Travailler en équipe avec des professionnels de tous niveaux et tous horizons, c’est ça, le quotidien de Maxime !

Nolwenn, responsable de la collecte des déchets ménagers

Embarquez avec Nolwenn et ses collègues pour découvrir un métier étonnant et pas routinier !

Aurélie, Directrice Recherche-Développement et qualité

Être une femme et faire carrière dans le secteur industriel, c’est tout à fait possible ! La preuve avec Aurélie, à La Normandise.

Léa, technicienne de production

Préparer la production des produits, vérifier les réglages des machines, contrôler la qualité de la production et s’assurer du respect du cahier des charges : c’est ça le métier de Léa. Et ça change tous les jours !

François, Directeur général

A l’affût des nouvelles tendances du marché, François et ses équipes développent de nouveaux produits tout en étant vigilants au respect de l’environnement et à l’amélioration des conditions de travail des collaborateurs. Pour sa formation, François a même eu l’opportunité d’étudier au Canada. Plutôt tentant, non ?

Valentin, chef d’un groupement d’usines hydrauliques

Plutôt passionné par le bricolage que de rester sagement assis en classe, Valentin a démarré juste après son CAP et a rapidement grimpé les échelons. Maintenant il est ingénieur et gère 8 sites !

Un bilan positif à mi-parcours

Un bilan positif à mi-parcours

Lancée fin 2019, la dynamique du Territoire d’industrie Nevers Val de Loire se révèle aussi séduisante que pertinente, comme l’a montré le comité local du 5 juillet. A 18 mois du terme du contrat, les avancées sont significatives dans plusieurs domaines, tels que la réhabilitation de friches et les actions de promotion de l’industrie. L’élan créé par les entreprises et les collectivités est appelé à s’inscrire sur le long terme pour effacer les stigmates de la crise sanitaire et redorer l’image des métiers de l’industrie.

En s’appuyant sur des binômes industriels-élus et en plaçant les attentes des entreprises au cœur de la réflexion, le programme national Territoires d’industrie tranche avec les expériences passées. Dix-huit mois après son lancement officiel sur l’axe ligérien, de Cercy-la-Tour à Cosne-sur-Loire, le Territoire d’industrie Nevers Val de Loire valide sans détours l’originalité et l’efficacité du concept.

Le comité local du 5 juillet, dans l’amphithéâtre de Nevers Agglomération, a donné la mesure du chemin parcouru depuis la signature du protocole, en octobre 2019. Au mitan des 36 mois du contrat, le point d’étape a d’ores et déjà montré la nécessité d’un travail d’équipe entre les entreprises et les collectivités locales.

« Territoires d’industrie s’inscrit dans la durée », a souligné Denis Thuriot, maire de Nevers, président de Nevers Agglomération et copilote du Territoire avec Jean-Christophe Trontin, directeur de l’aciérie imphycoise Aperam. « Il nous a donné un temps d’avance et a été un catalyseur de relance pendant la pandémie. Un bel élan a été impulsé dans la Nièvre, et nous incite à avoir une vision à long terme du développement économique. »

Le vice-président du Conseil régional, Hicham Boujlilat, les députés Perrine Goulet et Patrice Perrot, et le préfet Daniel Barnier ont tour à tour salué l’efficacité de ce dispositif dans la Nièvre, une terre industrielle confrontée à plusieurs défis de taille – les difficultés de recrutement, les virages écologique et numérique. « Si nous avons pu résister en 2020, c’est parce qu’il y a des attentes fortes », a insisté Jean-Christophe Trontin. « La crise n’enlève pas nos ambitions de développement ni notre volonté de relever le défi de l’écologie et celui de l’attractivité auprès des jeunes, qui est le plus grand de nos défis. »

Le défrichage au sein des groupes de travail sur 2019-2020 s’est traduit par l’élaboration de sept fiches-actions (voir plus bas), qui ont commencé à sortir du virtuel pour entrer dans le réel : « Trente-six mois, c’est beaucoup et peu à la fois. 2021 est l’année des résultats. » Trois fiches, parmi les plus avancées, ont été présentées par leur pilote référent : la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), par Tristan Lacombe, directeur du Pôle Engins au Technicentre industriel Nevers Languedoc de la SNCF ; la réhabilitation de friches industrielles, par Jérôme Ferré, chef du pôle Développement économique de la Communauté de communes du Sud-Nivernais ; la campagne de communication Osez l’industrie !, par David Szymyslik, chef de projet Territoire d’industrie.

Le retard pris sur d’autres fiches-actions n’a pas été éludé. Une transparence saluée par Daniel Barnier : « J’apprécie cette approche pragmatique, concrète, où l’on fait le point sur ce qui marche bien et ce qui marche moins bien. » La conjonction, dans les différentes instances du Territoire d’industrie, des regards des industriels, des élus et des techniciens constitue, aux yeux de Jean-Christophe Trontin, l’une des plus grandes vertus de ce dispositif à l’échelle de Nevers Val de Loire : « Cette initiative nous amène à sortir de notre cadre, à voir comment faire autrement. Nous avons plaisir à travailler ensemble, à avoir des points de vue complémentaires. Maintenant, ce plaisir doit transpirer. » Et d’écarter tout satisfecit anesthésiant : « Si nous étions les meilleurs, tous les jeunes voudraient se battre pour entrer dans nos entreprises. »

 

Les sept fiches-actions

  • Patrimoine immobilier et fiches industrielles
  • Transition écologique et environnementale
  • Travailler et vivre sur le territoire
  • Promotion de l’industrie et de ses métiers
  • Projet innovant dans la filière bois
  • Plateforme technologique autour de la fabrication additive métallique
  • Industrie du futur et usine 4.0.

La pédagogie d’Osez l’industrie ! au collège de Guérigny

La pédagogie d’Osez l’industrie ! au collège de Guérigny

La pédagogie d’Osez l’industrie ! au collège de Guérigny

OSEZ L’INDUSTRIE DANS LA NIEVRE !

Orchestrée par le Territoire d’industrie Nevers Val de Loire, la campagne Osez l’industrie ! a fait étape au collège de Guérigny, mardi 1er juin. Les représentants de quatre entreprises nivernaises ont raconté aux élèves de 3e la réalité de leur activité, la richesse et la diversité des métiers et des parcours qui anime leur quotidien. Une façon de lutter, par l’authenticité du témoignage, contre les clichés qui polluent l’image de l’industrie.

Classes de 3e du collège de Guérigny

Objectif prioritaire du Territoire d’industrie Nevers Val de Loire, le recrutement se prépare aux prémices de l’orientation scolaire, quand les adolescents commencent à se projeter sur l’après-collège – le lycée, les études, la vie active. Dans cette période sensible où rêve et réalisme s’affrontent, où les hautes aspirations se mêlent au pragmatisme et au rude horizon du marché du travail, les métiers de l’industrie peinent à se faire leur place.

La faute à une image encore tenace d’univers ingrat, sous-qualifié, monotone et testostéroné que la campagne Osez l’industrie ! s’efforce d’effacer. Et pour y parvenir, le Territoire d’industrie a misé sur le témoignage direct, sans filtre, de dirigeants d’entreprises de son bassin. Mardi 1er juin, les quatre classes de 3e du collège de Guérigny ont ainsi accueilli les représentants de quatre acteurs du monde industriel nivernais : Juliette Catinaud et Nicolas Monteil, directrice des ressources humaines (DRH) et directeur technique de Ligier Automotive (Magny-Cours) ; Patrice Rivière, directeur de PrivTech Engineering (Magny-Cours) ; Mélanie Belair, directrice opérationnelle de SCRM-Deffi (Cosne-sur-Loire) ; et Christine Croubois, directrice financière et DRH de Sorec Solutions (La Charité-sur-Loire).

Pratiquant la pédagogie dynamique saupoudrée d’humour, les intervenants ont abordé frontalement les « préjugés » qui grippent l’attractivité de l’industrie : « C’est pour les hommes, c’est sale et il n’y a pas d’avenir », a résumé, joyeusement provocatrice, Juliette Catinaud. Avant d’illustrer, à travers l’exemple de Ligier Automotive (87 salariés dont 67 à Magny-Cours), la profusion des métiers et des compétences que requiert la conception et la construction de voitures de course. A ses côtés, Mélanie Belair a martelé l’évidence : « Dans l’industrie, on trouve de tout et pour tout le monde, pour les filles et pour les garçons. » Et d’adopter, elle aussi, l’art de la formule choc : « L’industrie, c’est un gros mot. Mais en fait, c’est fabriquer et concevoir tous les objets de la vie courante. Tout ce qui nous entoure est fabriqué dans des entreprises. Par exemple, le paquet de gâteaux dans votre placard est le résultat de l’enchaînement et de l’imbrication de nombreux métiers. »

Vivant sans le savoir dans un département façonné par les épopées industrielles, les collégiens guérignois ont appris que leur environnement abritait des joyaux à l’éclat national, voire mondial, comme la biscuiterie Grobost (Saint-Péreuse), les Pains Jacquet (Clamecy), les vêtements Lacoste (Saint-Pierre-le-Moûtier), les vélos Look (Nevers), les Formule 4 (Magny-Cours), mais aussi des laboratoires ou des mastodontes de la rénovation de trains et de la construction de véhicules militaires. «  La Nièvre est un département industriel, les entreprises ont besoin que des jeunes comme vous prennent le relais », a insisté Juliette Catinaud.

Du CAP à l’école de commerce ou d’ingénieurs, une myriade de voies s’ouvre pour les élèves du collège de Guérigny, qui a accueilli à bras ouverts la campagne Osez l’industrie ! dans le cadre de son projet Parcours avenir initié il y a trois ans : « Nos élèves ont une méconnaissance du territoire et de ses possibilités », explique la principale de l’établissement, Catherine Jégo. «  C’est pourquoi ils partent souvent faire des études loin de la Nièvre et ne reviennent pas. Nous avons besoin de faire un gros travail avec les professionnels du terrain. »

Entre visites d’entreprise, stages et tables rondes thématiques, les collégiens sont sensibilisés au monde professionnel qui les entoure : «  On sait que ça les intéresse. L’orientation est une vraie préoccupation pour eux, surtout en cette période d’incertitude qui les angoisse beaucoup. » La rencontre avec les ambassadeurs d’Osez l’industrie ! aura peut-être apaisé quelques tourments sur la vie d’après, et suscité des vocations. Mélanie Belair veut y croire : « Si on a semé des graines, c’est toujours ça de gagné. »

>Voir le programme

C’est dans les parages
Emission du 31/05/2021 – Animé par Apolline Magnet
Osez l’industrie dans la Nièvre
Les podcasts de Bac FM

Une semaine pour « oser l’industrie »

Une semaine pour « oser l’industrie »

L’attractivité des métiers de l’industrie est une des priorités des professionnels réunis au sein du Territoire d’industrie Nevers Val de Loire. Pour séduire et convaincre les jeunes Nivernais mais aussi les adultes, ils organisent une vaste opération de promotion, « Osez l’industrie dans la Nièvre ! », du 31 mai au 5 juin. Dans les établissements ou lors de conférences en ligne, une trentaine d’industriels seront les meilleurs ambassadeurs de leur univers et de leur passion.

Depuis son lancement fin 2018, le Territoire d’industrie Nevers Val de Loire a placé le recrutement en tête de ses préoccupations, tant ce sujet représente une obsession pour l’immense majorité des chefs d’entreprise. Que ce soit auprès des jeunes scolarisés ou des adultes en quête d’emploi, de formation ou de reconversion professionnelle, l’image des métiers de l’industrie a besoin d’être redorée.

Ainsi l’expliquait Jean-Christophe Trontin, directeur de l’aciérie imphycoise Aperam et copilote du Territoire d’industrie avec Denis Thuriot, président de Nevers Agglomération, lors d’une interview parue dans le Magg en mars 2020 : « Ce problème de recrutement, qui est commun à beaucoup d’entreprises, nous renvoie à notre responsabilité, à l’attractivité de nos métiers. Nous devons travailler sur ce point-là, faire envie, aller dans les écoles, les collèges, les lycées, montrer la diversité des métiers aux jeunes, et aux enseignants. 

Nous devons aussi enlever les clichés comme « si tu ne réussis pas à l’école, tu finiras à l’usine ». Nos entreprises sont modernes, les salaires y sont attractifs, les progressions de carrière existent, les conditions de travail se sont améliorées. A ceux qui pensent que l’usine c’est Zola, je dis « venez voir ». (…) Nous pouvons aussi montrer que les femmes ont toute leur place dans les usines. »

Les référents industriels, membres du « Groupe RH » du Territoire d’industrie Nevers Val de Loire, ont souhaité entériner l’organisation d’une opération de promotion auprès des jeunes et du grand public. Malheureusement, en raison de la crise sanitaire, les deux éditions de la Semaine de l’industrie (opération nationale, qui existe depuis 10 ans) ont dû être annulées en mars 2020 et en mars 2021.

La décision a donc été prise d’organiser une opération nivernaise, baptisée Osez l’industrie dans la Nièvre !, qui se tiendra du lundi 31 mai au samedi 5 juin. Cette semaine sera l’occasion de présenter le tissu industriel nivernais dans sa diversité, et de valoriser ce secteur auprès du public pour susciter des vocations. En organisant cette manifestation commune, les acteurs du Territoire d’industrie Nevers Val de Loire veulent également mettre en lumière un tissu industriel dont la richesse, la qualité et l’excellence sont encore trop méconnues des Nivernais eux-mêmes.

L’organisation de cet événement est d’autant plus importante dans la perspective de la reprise d’activité et de sortie d’une crise sanitaire dont l’impact est redouté sur le monde économique dans son ensemble.

Compte tenu des contraintes sanitaires et des probables difficultés à organiser des visites d’entreprises, deux formats d’animation ont été privilégiés :

  • des rencontres au sein des établissements scolaires, avec intervention des industriels dans des classes,
  • des conférences en ligne à destination des jeunes et du grand public sur quatre thèmes, formations et métiers en tension, carrières au féminin, innovation, stages et immersion en entreprise.

Pour renforcer encore la dimension collective des rencontres, les entreprises se déplaceront prioritairement en binôme, afin de montrer la diversité des métiers et des opportunités de carrières.

Plus d’une trentaine d’entreprises et de partenaires se sont d’ores et déjà mobilisés pour cette opération. Le programme détaillé des conférences en ligne est accessible ci-dessous.

Un appel à contribution, pour constituer une vidéothèque des entreprises nivernaises, fait également partie des actions de promotion de l’industrie.

Enfin en amont de cette opération, un dossier de 8 pages « Osez l’industrie ! » paraîtra dans Le Journal du Centre du vendredi 28 mai. A partir de portraits et témoignages de femmes et d’hommes de l’industrie nivernaise, ce fascicule montrera que, loin des idées reçues, l’industrie forme, recrute et n’en finit pas de se réinventer.

France Relance soutient dix entreprises du Territoire d’industrie

France Relance soutient dix entreprises du Territoire d’industrie

Lancé fin 2018, le programme national Territoires d’industrie est une des clefs de voûte du plan France Relance déployé par l’Etat pour limiter les effets de la crise sanitaire sur l’économie. Dix entreprises du Territoire d’industrie Nevers Val de Loire bénéficient, entre autres grâce au Fonds d’accélération des investissements industriels, d’une aide financière à la réalisation de leurs projets, qui leur permettra de maintenir et de créer des emplois.

Le bilan d’étape du Fonds d’accélération des investissements industriels dans les territoires a été présenté, mardi 23 février, par la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher. Ce turbo dans le moteur déjà puissant du programme national Territoires d’industrie (1) n’a qu’une mission, énoncée dans son intitulé : éviter le report voire l’annulation des investissements prévus par les entreprises et les aider ainsi à maintenir une compétitivité qui pourrait être précieuse en sortie de crise. «C’est aujourd’hui que nous devons investir pour bâtir la France de 2030 », a souligné la ministre.

Lancé à l’automne dans le cadre du plan France Relance, le Fonds d’accélération a été doté de 400 millions d’euros destinés à financer les projets industriels les plus structurants pour les territoires (création et extension de site, modernisation, nouveaux équipements, etc.), dont la mise en œuvre peut débuter dans les 6 à 12 mois. Autre critère de sélection, « un impact sociétal et économique fort » : maintien et création d’emplois, décarbonation, formation, etc.

Six mois après son démarrage, le Fonds d’accélération des investissements industriels dans les territoires a atteint son but, selon Agnès Pannier-Runacher : 448 projets ont été soutenus en 2020, bénéficiant au total de 240 millions d’euros d’aides de l’Etat, pour un investissement industriel global de 2,29 milliards d’euros. La dynamique s’est poursuivie sur le début d’année, à tel point que l’enveloppe de 400 millions d’euros, initialement prévue pour tenir jusqu’à la fin 2022, est déjà consommée. La ministre a obtenu une enveloppe supplémentaire d’un milliard d’euros répartie entre trois dispositifs : 700 millions pour « l’industrie du futur » et 300 pour le Fonds d’accélération et l’appel à projet « Résilience », destiné à réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs extra-européens.

A l’échelle du Territoire d’industrie Nevers Val de Loire, quatre entreprises ont été retenues parmi les lauréats (sur 47 pour la Bourgogne-Franche-Comté) :

  • Nexson Group (Garchizy, fabrication d’échangeurs thermiques soudés),
  • Cassier (Cercy-la-Tour, transports routiers et tri de pneumatiques usagés),
  • SERTIP (Varennes-Vauzelles, sérigraphie industrielle),
  • TCT (Sauvigny-les-Bois, fabrication de noyaux magnétiques et de composants passifs bobinés).

Six autres entreprises de Nevers Val de Loire ont bénéficié du soutien des Fonds de modernisation automobile et aéronautique de France Relance :

  • Geficca (Cosne-sur-Loire, pièces moulées en caoutchouc),
  • Privtech Engineering (Magny-Cours, développement de moteurs de compétition et de bancs moteurs),
  • Danielson Engineering (Magny-Cours, conception de démonstrateurs technologiques),
  • Oreca (Magny-Cours, conception de moteurs thermiques de compétition et d’un moteur thermique et hybride à neutralité carbone),
  • Mygale (Magny-Cours, développement de voitures de course et d’un prototype F4 Génération 2 avec Oreca),
  • Ligier Automotive (Magny-Cours, construction de voitures de course).
  1. Mis en route en novembre 2018, ce programme mobilise 148 Territoires d’industrie en France, dont les projets sont appelés à se partager 1,36 milliard d’euros.